Même si la baisse du recours aux médicaments antibiotiques est sensible, la Cnam insiste aussi sur le fait qu’il reste élevé en France, qui se situe en deuxième place des pays consommateurs derrière la Grèce. Autre effet positif, au total, le recul de la consommation d’antibiotiques équivaut à près de 27 millions de boites de médicaments soit environ 850 millions d’euros de dépenses évitées pour l’Assurance maladie depuis le début du programme. Enfin, toujours côté positif, la baisse de consommation d’antibiotiques semblent s’accélérer. Le recul de la consommation d’antibiotiques « s’accélère depuis 4 ans. » Au cours de l’hiver 2006-2007, il était de - 6,3 % contre - 4,6 % l’hiver précédent, ce qui prouve « un changement qui s’ancre en profondeur ». Les enfants de 0 à 5 ans, une tranche d’âge traditionnellement grosse consommatrice de médicaments antibiotiques en France, sont les premiers à bénéficier de cette baisse avec un recul qui est supérieur à 34 %, ce qui représente 6,4 millions de traitements évités depuis 2002. En revanche, la résistance bactérienne à ces médicaments est quant à elle en augmentation, la résistance aux bactéries « reste toujours préoccupante ».
En effet, malgré la baisse conséquente enregistrée, la France est toujours fortement consommatrice d’antibiotiques. Or, si la consommation ne constitue pas l’unique facteur de développement des résistances des bactéries, la Caisse nationale d’assurance maladie assure « que plus les antibiotiques sont utilisés dans un pays, plus la résistance bactérienne y est conséquente ». De ce fait, la France compte aussi parmi les pays européens les plus touchés par le phénomène de résistance bactérienne. A titre d’exemple, le taux de résistance du pneumocoque à la pénicilline en 2006 était de 36 %, l’un des taux les plus élevé en Europe avec la Roumanie. Pour la Caisse nationale d’assurance maladie, il est donc nécessaire de poursuivre les efforts de sensibilisation et d’éducation auprès des Français pour que cette baisse se poursuive, « pour préserver des ressources thérapeutiques très précieuses ».
La Caisse nationale d’assurance maladie lance donc une nouvelle campagne d’information car les antibiotiques ne servent souvent à rien l’hiver face aux infections courantes « car ces infections sont souvent d'origine virale. » Réduire le recours inapproprié aux antibiotiques, c’est préserver notre santé mais aussi celle des générations futures. La poursuite de la mobilisation est donc nécessaire » pour l’Assurance Maladie.
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