PARIS (AP) - Ce sera l'événement de cette campagne présidentielle: Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les deux finalistes du second tour, s'affrontent mercredi soir dans un débat télévisé qui pourrait être décisif.
Retransmis à partir de 21h par TF1 et France-2, et repris en direct par de nombreuses chaînes et radios, "2007 - Le débat", arbitré par Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, battra probablement tous les records d'audience, tant l'attente est forte.
En 2002, le refus de Jacques Chirac de débattre avec Jean-Marie Le Pen avait privé les électeurs de ce cérémonial incontournable de toutes les campagnes présidentielles depuis 1974. En 1995, le débat entre Jacques Chirac et Lionel Jospin avait réuni 17,1 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie, mais s'était révélé bien fade.
Cette année, le face à face, qui mettra pour la première fois aux prises un candidat et une candidate, s'annonce capital. Même si Nicolas Sarkozy, favori des sondages et en position de force depuis ses 31,18% du premier tour, aura plus à perdre que Ségolène Royal à quatre jours du second tour.
Les deux candidats ont préparé avec un soin extrême ce duel au sommet. En déplacement en Corse lundi, Nicolas Sarkozy a multiplié les réunions de travail avec ses conseillers, dont quatre femmes et l'ancien secrétaire national à l'Economie du Parti socialiste Eric Besson. Il peaufinera sa préparation mercredi matin.
Le candidat de l'UMP va veiller à maîtriser ses nerfs et s'efforcera de mettre l'accent sur son projet et ses capacités de chef de l'Etat pour achever de convaincre la majorité des Français de voter pour lui. "J'exposerai mes différences avec Ségolène Royal tranquillement, sereinement, fortement", a confié mardi M. Sarkozy en marge d'un déplacement dans le Finistère.
L'un des défis à relever sera de trouver le ton juste face à la première femme en situation d'accéder à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a promis de "respecter" son adversaire et de faire en sorte que le débat soit "digne de la fonction présidentielle".
A l'inverse, ce débat a des allures de quitte ou double pour Ségolène Royal, qui doit convaincre la majorité des 6,8 millions d'électeurs de François Bayrou du premier tour de voter pour elle afin de remonter ses cinq points de retard sur M. Sarkozy, sans s'aliéner les 11% d'électeurs ayant choisi un autre candidat de gauche.
A la veille du débat, le candidat UMP était crédité de 53% des intentions de vote contre 47% pour Mme Royal dans le baromètre Ipsos quotidien. Selon un sondage TNS-Sofres publié mardi par "Le Monde", 31% des électeurs de François Bayrou sont sûrs de voter Royal, 23%, Sarkozy, 7% prévoient de s'abstenir ou de voter blanc et 33% hésitent.
L'objectif de Ségolène Royal sera de convaincre ces hésitants. Pour y parvenir, la candidate socialiste veut mettre Nicolas Sarkozy "devant ses responsabilités, à savoir son bilan gouvernemental".
Tous les responsables socialistes insistent aussi sur la nécessité de porter le fer projet contre projet. Il faut "comparer les choix de société et les références de valeurs", expose la candidate.
Face à la "violence" et à la "brutalité" attribuées à son adversaire, Mme Royal veut promouvoir "une France apaisée". Mais elle devra éviter de tomber dans le piège du "Tout sauf Sarkozy" (TSS), que le candidat UMP ne manquerait pas de retourner à son avantage. Dernier défi, de taille, pour la candidate socialiste: lever l'hypothèque persistante sur sa crédibilité.
Dans ces conditions, les deux adversaires pourraient bien se neutraliser, comme en 1995, ce qui profiterait à Nicolas Sarkozy.
Le candidat UMP "va jouer et la montre et le 0-0", prédisait mardi François Hollande. "Il faut le faire marquer un but contre son camp, c'est toujours possible avec lui, et essayer de marquer des buts". AP
Qui va regarder le débat ce soir? Moi je serai devant mon écran et je vais même ne pas regarder le match de foot de Canal +! lol