PARIS (AFP) — La France célébrait jeudi la libération en Colombie d'Ingrid Betancourt avec l'espoir d'accueillir rapidement l'ex-otage, qui a été au coeur d'une mobilisation exceptionnelle dans tout le pays, du sommet de l'Etat jusqu'aux plus petits villages.. Un "rassemblement du bonheur" était prévu en fin d'après-midi devant le parvis de l'hôtel de ville de Paris, où la photo d'Ingrid Betancourt a été déployée pendant des années. Un des comités de soutien de l'ex-otage franco-colombienne espérait à cette occasion, "pouvoir annoncer son retour en France". Un avion français, à bord duquel ont pris place la famille d'Ingrid Betancourt, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le médecin-chef de la présidence française, était attendu à Bogota entre 08H00 et 09H00 locales (13H00/14H00 GMT) pour des retrouvailles qui s'annonçaient particulièrement émouvantes. Selon une source à la présidence française, Mme Betancourt, 46 ans, pourrait revenir en France avec cette délégation, après six ans et quatre mois aux mains de la guérilla colombienne des Farc. Dans une déclaration faite juste après sa libération, elle a remercié "la douce France", où elle a passé une partie de sa vie et fait des études, rendant hommage à tous ceux qui l'ont soutenue. "Je suis Colombienne mais je suis Française, mon coeur est partagé (...) Je vais très vite être avec vous, je rêve d'être en France", a-t-elle dit. Le président Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la libération de la Franco-Colombienne une "priorité" de son action diplomatique et multiplié les initiatives en ce sens, a exprimé mercredi soir la "joie immense" de "toute la France", entouré par les enfants de l'ex-otage, Mélanie et Lorenzo Delloye, et sa soeur, Astrid Betancourt. "C'est le moment tant attendu. Avec toute ma famille, on manque de mots. On n'attend que le moment de serrer maman dans nos bras", a dit Mélanie Delloye, la gorge serrée. "C'est le meilleur moment de ma vie", a assuré son frère. L'événement faisait jeudi la Une de tous les journaux français, sans exception, tandis que radios et télévisions bouleversaient leurs programmes pour des émissions spéciales. Les médias français ont surtout mis en avant un succès personnel du président colombien Alvaro Uribe, qui ne semble pas avoir mis au courant les autorités françaises d'une opération de libération menée dans le plus grand secret. A droite comme à gauche, la classe politique française a été unanime à saluer l'heureux dénouement. Le chef du parti socialiste François Hollande a souligné le rôle de la diplomatie française, parlant d'une cause qui a dépassé "les clivages, les sensibilités". Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a souhaité qu'il n'y ait "aucune récupération politique". En plus de six ans, Ingrid Betancourt est devenue en France une icône, un symbole du drame des otages dans le monde. Elle a suscité la mobilisation de nombreux artistes, associations, personnalités de tous bords et citoyens ordinaires. Le portrait de l'otage avait été affiché au fronton de très nombreuses mairies, qui en avaient fait leur citoyenne d'honneur. Eygalayes, un village de 75 habitants dans la Drôme (sud-est), avait même rebaptisé sa place centrale du nom d'Ingrid Betancourt. En début de semaine, son portrait avait été hissé au Mont Blanc, le plus haut sommet des Alpes. Les enfants d'Ingrid Betancourt, Mélanie et Lorenzo Delloye, qui avaient 16 et 13 ans lorsqu'elle a été enlevée en février 2002, étaient devenus le fer de lance de la mobilisation. Deux comités de soutien ont multiplié les opérations --marche blanche, concerts, pétitions, déclarations-- mobilisant sans relâche l'attention des médias et de tout un pays.
source: http://afp.google.com/article/ALeqM5gRJmGM2bdYfOhUehRs5_NBnVNZQQ
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