Philippe Romano, parfumeur chez Drom Fragrances International

Philippe Romano, parfumeur chez Drom Fragrances InternationalParfumeur chez Drom Fragrances International, société de création de parfums, Philippe Romano est originaire de Grasse et lui-même fils de parfumeur. Après les eaux d'été Green Summer et Aquarelles Végétales, c'est à nouveau à ce parfumeur de talent qu'Yves Rocher a confié la création de son dernier parfum féminin baptisé Flowerparty Yves Rocher. L'occasion pour lui de nous dévoiler les secrets de cette fragrance qui pétille d'impertinence.

Quel est le secret de votre dernière création Flowerparty Yves Rocher et quelle est sa particularité ?

Le cahier des charges était un peu plus compliqué sur ce type de notes parce qu'Yves Rocher voulait quelque chose de jeune, de gai, de pétillant mais qui fasse aussi parfum, quelque chose de qualitatif. Or, on sait que les notes fruitées, c’est sympa l’été mais ça n’est pas forcément synonyme de qualité, ça n’évoque pas toujours de belles matières et donc ça n’a pas forcément la texture d'un vrai parfum. La difficulté de l’exercice était donc de réussir à allier des matières nobles comme l'absolu de vanille, l'absolu de rose ou la fève tonka qui sont des matières premières un peu plus sérieuses, avec des choses très gaies, très pétillantes. Donc cela a été un travail assez long ; plus d'une année pour arriver à trouver le bon réglage. Il y a par exemple une facette litchi qui peut aussi évoquer la qualité de l'essence de rose mais traitée d’une manière plus jeune. Il y a aussi un côté gourmand amené cette fois-ci par de la vanille naturelle de Madagascar qui anoblit finalement l’écriture du parfum.

Outre cette vanille naturelle, pourquoi avoir fait le choix de la fève tonka ?

Parce qu’il y a un petit côté caramel que j’aime bien. Il faut savoir que chez Yves Rocher, l’exercice est d’autant plus difficile dans le choix des matières qu’ils ne veulent pas d’allergènes dans leurs parfums. Les seuls allergènes qu’ils autorisent sont ceux provenant de matières premières naturelles et cela ne facilite pas vraiment le travail parce que cela réduit d’autant plus la palette du parfumeur. C’est une vraie contrainte. Sur une palette de 3 000 matières premières il doit nous en rester cent et sur ces cent là, il y en n’a pas beaucoup qui sont florales car les notes florales sont souvent des allergènes.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour composer cette nouvelle fragrance Yves Rocher ?

Mon inspiration je l'ai trouvée dans mes échanges avec l'équipe d'Yves Rocher. Avec des photos, une ambiance, des couleurs, un style de vie. Tout cela mis bout à bout est assez inspirant.

Les notes fruitées comme celle de litchi dans Flowerparty Yves Rocher sont vos notes de prédilection. Depuis quand sont-elles utilisées en parfumerie ?

En effet, l’utilisation des fruits est plutôt récente dans la parfumerie. En parfumerie traditionnellle, on travaillait plutôt les fleurs, les bois, le musc etc. J'aime personnellement assez travailler sur la note fruitée. J'en ai d'ailleurs fait une spécialité en essayant d'être toujours le plus fidèle et le plus figuratif possible. Avec le litchi par exemple, on peut imaginer le fruit et sa texture, comme c'est le cas de la pêche de vigne ou de la framboise.

Avez-vous été impliqué dans la création du flacon de Flowerparty Yves Rocher ?

J’ai suivi l’évolution de A à Z puisqu'au fur et à mesure que le projet avançait sur le jus lui-même, les équipes d'Yves Rocher développaient de leur côté le flacon et le packaging. J'étais donc informé mais n’étais pas impliqué. On me montrait simplement ce qui pouvait m'être utile dans la création du parfum. Mais de manière générale, je n’ai jamais vu de flacon avant d’avoir commencé un travail.

Quelle a été votre première création et quel souvenir en gardez-vous ?

Je crois que c’était un parfum pour Shiseido que j’ai finalisé au Japon. Je n'ai pas travaillé avec Serge Lutens mais avec le chef parfumeur intégré de Shiseido qui était considéré comme le maître tout puissant. Il s’agissait de finaliser un parfum qui était déjà extrêmement abouti. Ce fut mon premier succès marquant, important sur le plan de l’expérience. Ensuite, j’ai beaucoup travaillé avec Escada dont j'ai composé cinq années de suite, leur édition limitée estivale qui mise avant tout sur les notes fruitées justement.

Avez-vous une création préférée ?

Très sincèrement, il y en a deux. Une que je ne citerai pas. Et l’autre, c’est celle-là (Flowerparty Yves Rocher ndlr). J'aime le parfum et j'aime l'histoire et c'est sans doute celui dont je suis le plus fier.

Publié le 27 mai 2010