Maison Martin Margiela se met au parfum

Maison Martin Margiela se met au parfumDans quelques jours, Maison Martin Margiela lancera son premier parfum en avant-première chez Colette.

Un événement très attendu et à la hauteur de l'univers du plus secret des créateurs de mode dont aucun portrait, ni interview personnelle n'ont jamais été publiés.

Cet anonymat, ce diplômé de l'Académie Royale des beaux-arts d'Anvers le revendique depuis plus de vingt ans en réaction contre le star-system et par envie de laisser parler les idées créatives tout en gommant au maxiumum l’image du créateur.

C'est d'ailleurs le travail du groupe avant le sien qu'il souhaite mettre en avant. Une façon d'effacer toute hiérarchie qui se traduit par l'utilisation du terme « Maison» et du « nous au lieu du « je » dans toute sa communication.

Pour ce premier parfum qui inaugure la ligne 3 créée par la Maison, le choix du nom était une évidence. Déshabillé de toute référence à une égérie ou à un climat précis, (untitled) se suffit à lui-même, à l’instar du vêtement griffé simplement d’une étiquette blanche, en réponse à la tyrannie des logos.

Quant à la piste olfactive que Maison Martin Margiela a choisi d'explorer et de ressusciter à sa façon avec Daniela Andrier, parfumeur chez Givaudan, c'est celle des notes vertes oubliées qui ont signé la féminité des années 70.

Matière première noble et rare, le galbanum est l’élément principal de ce floral vert boisé. Ses notes incisives se dopent de l’amertume du vert de buis, de la vibration du lentisque et de l’encens, de l’onctuosité du bigaradier.

Fidèle à sa philosophie de la seconde vie, Maison Martin Margiela a détourné cette base classique exhumée et l'a contrastée avec des résonances de jasmin suave et de cèdre gorgé de muscs, le sillage s'inscrivant dans une sensualité troublante et une féminité singulière.

Principale couleur utilisée pour tous les locaux, les lieux de vente, les blouses de travail et même jusqu’à la peinture sur certains vêtements, le blanc iconique a également inspiré le design du flacon. Avec son architecture minimale et son nom codé d’une typo de la classique machine à écrire « Olivetti », il traduit le respect de la tradition, la simplicité et la patte artisanale, valeurs majeures de la Maison.

Aux antipodes des tendances glamour ou sculpture, il signe une rupture. A l’instar de toutes les créations de Maison Martin Margiela, l’important est encore une fois et toujours le produit lui-même.

((Untitled), Maison Martin Margiela. Disponible à partir du 25 janvier 2010, en avant-première chez Colette, en mars 2010 dans les grands magasins parisiens et en avril 2010 en parfumeries. Prix indicatifs : 55 € les 30 ml, 80 € les 50 ml et 100 € les 75 ml)

Publié le 22 janvier 2010